Réhabilitation des friches ostréicoles du domaine public maritime d...
Contexte :
En moins de 50 ans, le Bassin d’Arcachon a subi la prolifération de friches liées à la chute de l’activité ostréicole et au développement non maîtrisé de l’huître japonaise dans le milieu, estimé à plus de 60 000 tonnes pour environ 16 000 tonnes en élevage. Les friches (espaces du Domaine Public Maritime (DPM) cadastrés et non cadastrés, envahis d’huîtres japonaises non cultivées) colonisent à la fois les espaces exploités par l’ostréiculture, mais également des espaces naturels, du domaine public maritime, gérés par l’État.
Même si elles révèlent une certaine biodiversité, leur ampleur induit plusieurs dysfonctionnements qui fragilisent les équilibres naturels et socio-économiques du Bassin d’Arcachon, et font émerger plusieurs enjeux associés à leur réhabilitation :
- Un enjeu de restauration des écosystèmes marins : L'expansion de cette espèce peut produire, par son ampleur, des déséquilibres dans la structuration et la dynamique des habitats marins, de la dynamique hydro sédimentaire et des espèces associées.
- Un enjeu productif pour l’ostréiculture : le glissement progressif de l’ostréiculture vers le sud et l’ouest du Bassin est directement lié à la dégradation des milieux, générée notamment par la prolifération des friches. Elles représentent également un foyer potentiel de pathogènes ainsi qu’un compétiteur trophique qui impactent l’ensemble des coquillages qui dépendent de la masse d’eau pour se nourrir.
- Un enjeu de sécurité maritime : les friches ostréicoles sont régulièrement citées comme présentant des obstacles à la navigation.
Sous l’impulsion du Préfet et du Comité Régional de la Conchyliculture Arcachon Aquitaine, des opérations « pilotes » de réhabilitation, complémentaires à celles engagées par le CRCAA, s’organisent depuis 2018 sous maîtrise d’ouvrage du SIBA, accompagné par la Région Nouvelle Aquitaine, l’AEAG et l’OFB-PNMBA et les services de l’Etat.
Ce partenariat ainsi rassemblé, a permis l’expérimentation de méthodes de travail, mais aussi la mise en place de nombreux suivis environnementaux pour évaluer les impacts potentiels de ces travaux sur les milieux environnants.
Une stratégie d’intervention proposée pour les 10 années à venir :
Fort des compétences et connaissances acquises, une véritable stratégie, ambitieuse, peut être proposée pour les 10 années à venir, en cohérence avec le Plan de gestion du Parc naturel marin. Une convention en fixe les objectifs, les modalités opérationnelles et les engagements des parties pour la mise en œuvre d’un programme commun de restauration des friches ostréicoles, de restauration des vasières et de maintien du potentiel de production ostréicole du Bassin d’Arcachon, conforme au plan de gestion du PNMBA. Sous l’égide d’un comité de pilotage dédié, le SIBA assurera l’animation de ce programme et sa réalisation par son service maritime, en coopération avec le CRCAA.
Consistance des travaux
Les travaux de restauration consisteront notamment à extraire et rapatrier à terre tous les déchets anthropiques, à niveler le sol et les rochers d’huîtres, à diminuer la densité de coquille le cas échéant, mais aussi à retirer des sédiments sableux au besoin. Un travail collégial a été mené pour identifier les emprises d’intervention potentielles, classées en trois catégories :
- des emprises d’interventions sur des friches dont la vocation est le retour à l’état naturel après réhabilitation, estimées à 1200 hectares (zones en bleu sur la carte) financées par le SIBA, l’OFB-PNMBA et l’Agence de l’eau Adour Garonne ;
- des zones d’interventions sur des surfaces exploitées ou en friches à entretenir ou réaménager, estimées à 600 hectares (zones en jaune sur la carte ci-dessous) financées par le CRCAA et des fonds dédiés ;
- des zones non classées, à enjeu mixte, estimées à 300 hectares dont la classification naturelle ou productive sera définie par le COPIL après diagnostic
Les travaux se dérouleront tout au long de l’année sur des coefficients généralement supérieur à 70 soit entre 140 et 150 marées /an.
Pourront être associées toutes personnes qualifiées, notamment des partenaires scientifiques pour éclairer au besoin les membres du COPIL, en particulier sur les aspects diagnostics et enjeux, et le CDPMEM33 ou CRPMEM Nouvelle Aquitaine pour les sujets relevant de la pêche professionnelle.
Département(s) concerné(s) : Gironde (33) Type : Urbanisme et aménagement